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« A » comme AIDER

En règle générale, nous sommes tous pétris de bonnes intentions. Nous savons tous que quitter une pièce sans éteindre la lumière, ce n’est pas bien pour l’environnement. Que ne pas utiliser son Equipement de Protection Individuel sur le poste de travail peut amener à perdre un oeil, un doigt ou un orteil. Que surcharger de travail un collaborateur expose souvent à un burn out néfaste à l’avancée du projet. Ou que téléphoner au volant expose au mieux à une amende, au pire à une sortie de route. Bref, aujourd’hui nous sommes tous d’accord sur la justesse des comportements demandés en matière de sécurité, de développement durable, de santé ou de civisme. Alors pourquoi ces thématiques sont-elles toujours des problématiques ? Pourquoi est-il encore nécessaire de répéter sans cesse ces consignes, par des campagnes fort coûteuses de sensibilisation interne ou grand public ?

La raison devrait nous sembler… désarmante.

 

Depuis plus d’un siècle, nous fonctionnons en termes de prise de décision sur un paradigme qui oh combien trahie notre sentiment de toute puissance : dès l’instant qu’un humain est correctement informé, il prendra systématiquement la bonne décision. Toute notre conception de la notion de suivi de consignes repose sur une modélisation de l’être humain datant du tout début du XXème siècle, une représentation théorique de nos capacités cognitives qui donna naissance à Homo Economicus. Une sorte de sur-homme, capable d’une totale rationalité dans ses choix et ses actions. Nous savons aujourd’hui qu’il s’agit d’un magistral fantasme, généré par l’Homme pour se rassurer… Homo Economicus n’existe pas.

Grâce à l’apport récent des sciences comportementales, nous savons bien mieux en effet comment notre cerveau fonctionne, et plus précisément comment nous décidons.

 

Ce qui provoque 2 mauvaises nouvelles…

 

Première nouvelle plutôt contrariante, nous décidons fréquemment avec la « partie » de notre cerveau la plus rapide… mais la moins efficace. Face à un choix, nous pouvons choisir d’activer deux zones différentes de notre encéphale : le « Système#1 », intuitif et donc très rapide, ou le « Système#2 » beaucoup plus lent et analytique. Or, la plupart du temps, nous décidons d’activer notre « Système#1 ». D’une part cela nous coûte bien moins d’énergie, d’autre part cela répond à un impératif de timing : au quotidien, nous avons souvent peu de temps pour prendre nos décisions. En fait, notre « Système#1 » est activé dès que nous ouvrons les yeux le matin, jusqu’au moment où nous les fermons la nuit pour dormir. Cela est vital pour nous tous, car nous évite de nous poser des questions à longueur de journée. Sans cette capacité de prise de décisions rapides, nous ne pourrions agir sans faire exploser notre cerveau. C’est ainsi par exemple que nous passons sans réfléchir les vitesses de notre voiture, ou que nous décidons d’acheter un smartphone plus cher car il sera sûrement de meilleur qualité. Nous fonctionnons chaque jour en utilisant des centaines de raccourcis mentaux, ou heuristiques, qui nous facilitent grandement la vie… avec un prix à payer : de fréquentes erreurs de jugement. En effet, si l’on prend le temps d’y réfléchir, le prix d’un objet n’est pas systématiquement corrélé à sa qualité, loin de là.

Deuxième mauvaise nouvelle tout aussi ennuyeuse, les contextes dans lesquels nous décidons ne sont pas neutres, mais bombardés de signaux extérieurs qui peuvent biaiser notre choix, jusqu’à adopter un comportement qui n’est pas bon pour soi ou pour la société. Par exemple, le regard perplexe, voire agressif, d’un individu dans la voiture derrière moi peut m’amener à précipiter la réalisation de mon créneau. Et à le rater. Ce alors même que j’en maîtrise depuis longtemps la technique. De la même façon, un individu peut très bien avoir conscience de la préciosité de l’eau et pourtant rester des heures sous sa douche, persuadé que son action individuelle ne changera pas grand chose à la situation globale. En réalité nous ne sommes pas des êtres de raison, mais d’émotions. Ce qui là aussi génère bien des erreurs de jugement au quotidien…

 

C’est ici que « A » comme Aider prend toute son importance !

 

Nous avons fréquemment besoin d’aide pour prendre chaque jour nos décisions. Et c’est justement ce que propose le nudge. Il nous amène à faire preuve de bienveillance envers celui qui se trouve en situation de choix.

Cela ne signifie pas, comme on pourrait le croire, qu’il s’agit par exemple de mettre un babyfoot à disposition d’employés afin que ces derniers voient là un geste sympathique de l’entreprise, qui les encouragera à mieux travailler. Il s’agit plutôt d’intégrer la fréquente irrationalité de l’humain face un choix. Pour reprendre la problématique des économies d’eau sous la douche, nous devons donc donner à l’acteur les moyens de l’économiser, par exemple via un sablier qui viendra matérialiser la durée maximale conseillée. Sans cela, nous prenons le risque qu’il agisse en suivant ses émotions, c’est à dire le plaisir d’être sous de l’eau chaude, à en oublier ce qu’il sait pourtant : « Ce n’est pas bien ! ».

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