Nudge et Intelligence Collective

INTELLIGENCE COLLECTIVE ET NUDGES : PLUS FORTS A PLUSIEURS CERVEAUX !

L’élaboration de Nudges comporte deux phases principales :

L’étude exploratoire, rigoureuse et scientifique, qui vise à identifier quels sont les biais cognitifs qui, dans un contexte donné, freinent l’utilisation d’un comportement attendu et, dans un deuxième temps, la création de dispositifs Nudge s’appuyant sur ces biais pour les transformer en véritables leviers de changement vers l’adoption du comportement attendu.

Cette seconde phase est une phase de créativité que les agences Nudge ont l’habitude de mettre en œuvre en interne. Si cette façon de faire comporte les avantages certains de maîtriser le process de création, elles peuvent aboutir à des dispositifs moins originaux, moins adaptés aux contraintes et au contexte du client…

Une autre possibilité consiste à mettre en œuvre et faciliter des ateliers de co-création au sein même de l’organisation cliente. Les collaborateurs se mettent alors dans la peau de véritables Nudgeurs pour imaginer les dispositifs qui seront déployés au sein de leur structure.

Cela étant, réunir un groupe d’individus de taille varié (de 6 à plusieurs dizaines) ne suffit pas à garantir une efficience, et il sera donc indispensable de faire appel aux process et outils de l’Intelligence Collective pour garantir un résultat et des livrables de qualité au client.

L’INTELLIGENCE COLLECTIVE : QUID ?

L’intelligence collective est le résultat des interactions, dans un cadre et un environnement donnés, entre des individus ayant un but commun de sorte que le résultat de ces interactions représente plus que la somme des parties qui constituent le groupe. On parle d’un véritable cerveau collectif.

Si l’intelligence collective peut s’exprimer naturellement dans un groupe (y compris animal comme chez les fourmis ou les termites par exemple), elle nécessite néanmoins des règles, un process et des outils qui vont favoriser son expression et son efficience.

L’intelligence collective répond à quelques grands principes dont il est utile de citer quelques-uns :

  • Les personnes qui sont présentes au sein du groupe sont les bonnes personnes.
  • Ce qui arrive est ce qui pouvait arriver. Autrement dit les idées, les décisions ; les actions à entreprendre… qui émergent du groupe sont les meilleures qu’il ait été possible de produire dans les conditions et le contexte dans lesquels elles ont été produites.
  • Les idées n’appartiennent à personne et au groupe qui s’en saisi, les transcende et les transforme pour générer de nouvelles idées dans une logique 1+1 = 3 et plus.

Elle peut se mettre en œuvre en 6 grandes phases :

  1. Intention
    Cette phase consiste à identifier les intentions et objectifs individuels pour les aligner sur une intention et un objectif commun au groupe.

    Elle répond à la question : pourquoi sommes-nous réunis ?
  2. Inclusion
    La phase d’inclusion consiste à générer les conditions dans lesquelles les parties (les différents participants) deviennent véritablement un groupe qui acquiert une forme d’identité. Il convient, dans cette phase, de réunir ce qui est épars et d’intégrer les exclus.

    Cette phase peut faire l’objet d’un icebreaker, par exemple, c’est-à-dire un exercice, une mise en situation à la fois ludique et cohésive qui intervient au démarrage d’un atelier.
  3. Centrage et mise en condition des participants
    Otto Scharmer dans son livre « Théorie U : Diriger à partir du futur émergent », décrit une phase du processus de co-création qu’il appelle Presencing et qui consiste à ce que chaque participant du groupe se connecte à la source de l’inspiration et de la volonté.

    C’est LA phase essentielle qui distingue, par exemple, un atelier d’Intelligence Collective d’une simple réunion de travail. C’est cette phase qui permet d’ouvrir la possibilité de connexion au champ, c’est-à-dire un espace immatériel et relationnel constitué par les interactions des parties du système. Le champ est le siège du fonctionnement du cerveau collectif. Sur de nombreux aspects, le champ peut être assimilé à l’égrégore d’un groupe.

    L’accès au champ n’est donc pas automatique et il nécessite la mise en œuvre d’un rituel organisé et répété. Robert Dilts propose à ce sujet de mettre en œuvre l’Etat COACH (Centrage/Ouverture/Attention/Connection/Hospitalité).
  4. Emergence (parfois appelée divergence dans le process de créativité)
    Cette phase est celle de l’ouverture où l’expression des idées, du ressenti, etc. est accueillie et encouragée.

    Chaque participant est invité à lâcher prise et à dépasser certains biais comme celui de la norme sociale qui, dans un autre temps et un autre lieu, l’aurait amené à s’auto-censurer vis-à-vis du groupe.

    L’écoute et le respect de chacun sont des éléments primordiaux pour favoriser l’expression individuelle. Rien n’est juste ou faux, rien n’est réalisable ou pas, plus personne n’a tort ou raison… tout est utile au groupe qui se saisit de chacune des idées émises pour créer de nouvelles idées non pas en réaction mais en complémentarité. L’égo individuel lâche prise au profit d’un égo collectif plus utile.

    Dans cette phase, il n’y a aucun enjeu qui consisterait à prendre des décisions ou trouver LA solution miracle. Il s’agit de s’autoriser à penser en dehors de la boîte…
  5. Convergence
    La créativité du groupe s’est exprimée dans la phase d’émergence. Des idées, qui dans un autre contexte, n’auraient pu s’exprimer, ont vu le jour.

    Il est temps de rendre concrètes et applicables ces idées pour résoudre le problème qui nous occupe et atteindre l’objectif que nous nous sommes fixés.

    Dans cette phase, les idées n’appartiennent à personne en particulier et au groupe tout entier. Chacun se met au service du groupe pour co-construire une proposition commune.
  6. Clôture

    Nous avons ouvert un espace dans lequel l’existence du groupe, en tant qu’entité, avait été possible.

    Il convient de refermer temporairement cet espace et de renvoyer chacun des participants dans son quotidien. A cette occasion, source d’apprentissage individuelle et collective, chaque participant peut choisir de s’exprimer sur l’expérience qu’il vient de vivre… « qu’est-ce qu’il a ressenti ? », « qu’est-ce qu’il a appris ? », « qu’est ce qui a particulièrement bien fonctionné ? », « qu’est ce qui pourrait être amélioré pour lui ou le groupe la prochaine fois ? ».

    La phase de clôture intègre une célébration du travail accompli ensemble et des résultats obtenus.

POURQUOI ET COMMENT UTILISER L’INTELLIGENCE COLLECTIVE DANS LA PHASE DE CREATION DE DISPOSITIFS NUDGE ?

L’étude exploratoire a mis en exergue les différents biais psychologiques qui expliquent les comportements mis en œuvre.

Si nous admettons le postulat que chaque individu possède une perception partielle et partiale de la réalité qui l’entoure du fait, entre autres, de ces biais, la mise en œuvre de l’intelligence collective dans la phase de création des dispositifs Nudge prend tout son sens.

Pourquoi :

  • Pour lutter plus efficacement contre les propres biais cognitifs des participants et comparer, agréger leur différente perception de la réalité.
  • Parce que, s’appuyant sur le biais de possession appliqué au groupe, nos idées valent plus que celles des autres. Elles nous engagent donc plus et nous responsabilisent en tant qu’individus lorsqu’il s’agira d’appliquer, inconsciemment, les dispositifs.
  • Parce que les idées qui émergent du groupe, en intelligence collective, seront plus originales, plus abouties, plus durables.
  • Parce que les autres seront plus sensibles, suivant des principes de la norme sociale, à ces idées qui émanent de personnes comme « eux ».
  • Parce que ce type de travail collaboratif génère de l’énergie, de la valorisation, de l’implication, de l’envie à la place de l’effort contribuant ainsi, de façon indirecte, à renforcer la culture d’une organisation par exemple.
  • Parce que les dispositifs sont élaborés par de « vrais » utilisateurs finaux, ce qui du point de vue de l’expérience utilisateur est très différenciant en termes de dispositifs imaginés.

LES ATELIERS DE CO-CREATION NUDGE EN PRATIQUE

Depuis plusieurs années, l’Agence Nudge Me favorise, auprès de ses clients, le recours à des ateliers de co-création facilités en intelligence collective pour concevoir des dispositifs Nudge.

Un atelier de co-création Nudge chez la RATP

Après une phase d’exposé théorique sur le fonctionnement de l’être humain et sur la démarche Nudge, les participants sont dispatchés au sein d’équipes qui vont, grâce à notre support d’aide à la création et en Intelligence Collective, concevoir des dispositifs Nudge sur une ou plusieurs problématiques identifiées au sein de leur entreprise par exemple.

2 outils du dispositif d’aide à la création de Nudges
2 outils du dispositif d’aide à la création de Nudges

Un facilitateur graphique, présent pendant l’atelier, va, sur les instructions des équipes de participants, permettre d’illustrer par un croquis le dispositif tel qu’il a été imaginé permettant de fournir à notre client, des livrables qui, moyennant quelques ajustements créatifs de Nudge Me, pourront partir en production.

Facilitateurs graphiques durant l’atelier Nudge RATP

ET DEMAIN ? DEVENEZ NUDGE MASTER DANS VOTRE EN ENTREPRISE !

Pour aller encore plus loin, nous avons conçu un dispositif innovant couplant un support d’aide à la création de Nudges « éco-gestes » et une formation à son utilisation en intelligence collective. En savoir plus

Notre objectif : permettre à des facilitateurs ‘internes », que nous aurons formés, d’animer des ateliers de co-création au sein même de leur entreprise et ainsi concevoir des Nudges visant à économiser les ressources énergétiques, mieux trier les déchets ou encore favoriser le co-voiturage des salariés.